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Forum international de l’ESS : pouvoirs publics et société civile doivent dialoguer !

11/06/2011

Forum International de l'Économie Sociale et Solidaire 2011 - FIESSA peine passés les Etats Généraux de l’ESS en France qu’il faut inscrire un événement d’envergure internationale dans nos agendas. Le Forum international de l’économie sociale et solidaire se tiendra en effet du 17 au 20 octobre à Montréal. Comme pour les Etats Généraux en France, cette rencontre internationale a pour thème principal : le nécessaire dialogue État – société civile pour l’élaboration de politiques publiques en faveur de l’économie sociale et solidaire.

Un programme très riche est déjà accessible en ligne. Vous constaterez qu’en plus des ateliers et conférences, le FIESS mise sur la visite d’entreprises d’ESS pour faire découvrir au monde entier les innovations sociales développées au Québec.

N’attendez plus, inscrivez-vous dès maintenant à cet événement incontournable de l’année 2011, qui permet de constater qu’un mouvement de changement est en marche partout dans le monde.

Likez” le FIESS sur Facebook et visionnez les nombreuses vidéos d’invitation au Forum.

Evénement solidaire, québec , , ,

Le secteur privé, l’avenir de l’ESS (?)

25/09/2010

Soyons honnêtes, chez les acteurs de l’économie sociale et solidaire comme ailleurs, certains clichés ont la vie dure. L’idée selon laquelle le secteur privé serait le mal absolu (j’exagère à peine) et qu’il ne serait bon qu’à faire du green-washing et à récupérer les bonnes idées des innovateurs sociaux en est un parfait exemple. Pourtant, des ponts sont à construire entre le monde de l’entreprise et l’économie sociale et solidaire. C’est inévitable : le privé va devenir l’une des sources incontournables de financement de l’ESS. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire vont par conséquent devoir se rapprocher des entreprises et de leurs fondations. Ils ont certes déjà pris l’habitude d’aller frapper à la porte des « grands » acteurs de l’ESS (Crédit Coopératif, Macif, Maif, etc.), mais il faudra bien passer à la vitesse supérieure.

À ce sujet, on peut dire ce que l’on veut, mais l’Amérique du Nord est un territoire où le monde de l’entreprise et le secteur associatif ont appris travailler l’un avec l’autre en bonne intelligence. Lors de mon année au Québec, j’ai d’ailleurs découvert des partenariats très fructueux entre business et non-profit. En voici quelques exemples qui pourraient être des sources d’inspiration.

Gaz Métro contre le décrochage scolaire dans un quartier
80-ruelle-de-l-avenirGaz Métro, principal distributeur de gaz au Québec, a investi plusieurs millions de dollars dans le 80, ruelle de l’Avenir. Destiné aux jeunes des quartiers défavorisés de Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, le 80, ruelle de l’Avenir vise à contrer le décrochage scolaire chez les jeunes par l’acquisition de connaissances transversales. Ce lieu éducatif et associatif fournit aux enfants et aux ados les moyens de développer leur potentiel dans de multiples domaines. Il comprend ainsi un studio multimédia, un atelier Internet, une salle de danse, un centre des arts et des sciences, un laboratoire d’horticulture, une cuisine… Tous ces services sont offerts grâce à l’engagement de Gaz Métro. Le distributeur de gaz a en effet fait appel à ses clients et à ses salariés pour lever des fonds ou fournir des services pro bono aux acteurs associatifs à l’origine du 80, ruelle de l’Avenir.

Maison du développement durable : 5 millions sur 5 ans
Equiterre, organisme environnementaliste québécois, et huit autres associations ont eu une idée folle : bâtir en plein cœur de Montréal la Maison du développement durable, futur pôle d’information, d’éducation et d’innovations du développement durable. Pour financer en partie ce projet estimé à plus de 25 millions de dollars, Equiterre s’est tourné vers le monde des affaires pour trouver pas moins de 5 millions d’ici 2012. Et la sauce prend : Rona (l’équivalent de Leroy Merlin), Bell (le France Telecom québécois) ou encore Desjardins (LA banque coopérative de la Belle Province) ont d’ores et déjà confirmé leur investissement financier et humain dans l’opération.

La Tablée des chefs ou comment mobiliser les entreprises autour de la redistribution alimentaire
L’idée de Jean-François Archambault, fondateur de la Tablée de chefs est simple : récupérer les ‘restes’ alimentaires des événements d’envergure et les réinjecter dans les banques alimentaires pour distribuer la nourriture aux personnes dans le besoin. Cet entrepreneur social a réussi à fédérer les plus grandes entreprises québécoises (Banque nationale, Rona, Desjardins, SAQ, etc.) autour des missions de son association. Chaque année, ces firmes mettent la main au porte-monnaie pour soutenir la Tablée des chefs. Les investissements annuels atteignent plusieurs milliers de dollars, sans compter l’implication des salariés du privé dans le projet de Jean-François Archambault.

Des exemples comme ceux-ci, il y en a des dizaines (pour ne pas dire des centaines) au Québec. Ce qui est intéressant, c’est que les associations d’échelle nationale tout comme les petites associations de quartier ont appris à nouer des partenariats gagnant-gagnant avec le monde de l’entreprise. On trouve d’ailleurs des responsables de l’action communautaire (comprenez ‘vie associative’) dans de nombreuses entreprises québécoises. Leur rôle : être branché en permanence aux acteurs associatifs pour repérer les projets sociaux émergents et déterminer lesquels d’entre eux recevront ou pas le soutien financier et humain de leur entreprise.

Ne vous méprenez pas : l’idée n’est pas de plaquer ce mode de fonctionnement au système français. Mais la situation étant ce qu’elle est (constante diminution des financements publics), les acteurs de l’ESS vont devoir mettre de côté leurs beaux idéaux pour renouer avec un peu de pragmatisme. D’autant que les entreprises françaises s’intéressent de plus en plus aux acteurs de l’économie sociale et solidaire et peuvent leur apporter un véritable soutien financier et logistique.

trophees-des-assoDernier exemple français en date : la Fondation EDF Diversiterre et ses Trophées des associations. Avec cette opération, la fondation récompense les petites associations dont l’action locale bénéficie aux moins de 26 ans. 300 000 euros sont répartis entre 30 associations, les premières d’entre elles recevant la coquette somme de 20 000 euros. Avec les Trophées des Associations, la Fondation EDF Diversiterre souhaite « encourager le travail de ces acteurs locaux et de leurs responsables associatifs qui dans l’ombre font un travail indispensable ».
L’originalité des Trophées réside dans la volonté de proximité, les fondations françaises nous ayant surtout habitués à soutenir les « grosses » ONG ou associations (cf. par exemple SFR qui soutient actuellement Emmaüs dans le lancement d’une offre mobile solidaire). Avec les Trophées des Associations, il s’agit de porter l’attention sur les petites structures locales « qui ne demandent qu’à développer leurs actions, et d’inciter le tissu des bénévoles à poursuivre leurs initiatives à travers la France ». Car nouveauté 2010, les associations qui s’inscriront aux Trophées pourront faire part de leur besoin en bénévoles via le site de l’opération. Autre nouveauté 2010 : les salariés d’EDF volontaires vont devenir les parrains des associations récompensées, histoire de nouer des liens durables entre les lauréats et l’entreprise.

ashokaPour conclure sur le sujet, je parlerai d’Ashoka Support Network (ASN). Imaginé par Ashoka France, ASN est la preuve concrète que le monde de l’entreprise est prêt à collaborer activement et de manière originale avec le tiers secteur. Le principe en est simple : les membres d’ASN – des dirigeants d’entreprise, des consultants, des avocats, etc. – apportent un soutien financier (minimum 10 000 € par an pendant 3 ans) à Ashoka et conseillent les entrepreneurs sociaux sur le développement de leur activité. En retour, les membres d’ASN ont accès à des voyages d’étude pour aller à la rencontre d’innovateurs sociaux étrangers et peuvent permettre à leurs enfants de réaliser des stages chez des Fellows d’Ashoka. Un moyen de sensibiliser les nouvelles générations et le monde des affaires à d’autres modes d’entrepreneuriat.

Les frontières (pour ne pas dire les barrières) entre le secteur privé et l’ESS tombent donc peu à peu. Il faut s’en réjouir et imaginer des modes de collaboration originaux avec les entreprises. Laissons de côté les postures idéologiques pour imaginer l’économie sociale et solidaire de demain : une ESS moins dépendante de l’obole publique, toujours plus créative et résolument pragmatique.

Pour les acteurs associatifs souhaitant concourir aux Trophées des associations ou pour les personnes qui souhaitent recommander leur association préférée, c’est ici et c’est jusqu’au 10 décembre prochain.

Pour approfondir le sujet sur la philanthropie au Québec, je vous conseille le blog La Fontaine de pierres.

Et pour plus d’infos sur la Venture philanthropy qui se développe de plus en plus aux USA, voici un billet que j’avais écrit il y a quelques temps.

A l'étranger, Fondation , , , ,

Ecotrip WebTV : la web télé durable québécoise

13/07/2010

Après avoir sillonné le Québec pour mettre en avant des initiatives vertes et durables et avoir créé un blog dédié au développement durable positif, Ecotrip lance aujourd’hui sa Web télé durable. Pendant la période estivale, Aude et Math, les co-fondateurs de l’organisme, nous proposent 6 reportages sympa, pédagogiques et légers (pour ne pas dire raffraîchissants) sur le verdissement urbain, la conso responsable, la gestion des matières résiduelles, la mode éthique, l’eau et les transports durables.

Cette initiative a ceci d’intéressant que Mathieu et Aude ne sont pas à la base des écolo militants mais des communicants “conscientisés” et surtout spécialisés dans le web. Cette marque de fabrique se retrouve dans les reportages et autres productions d’Ecotrip qui sont toujours très accessibles et jamais culpabilisants… ce qui permet de toucher davantage les citoyens et avoir un impact sur leurs pratiques.

Je vous laisse regarder le premier épisode de cette webTV qu’on espère TRES durable :

Et pour en savoir plus sur la démarche des fondateurs d’Ecotrip, écoutez une interview de Math :

Et toujours : le blog d’Ecotrip

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Rendez-vous des entrepreneurs sociaux à Montréal : inscrivez-vous !

23/04/2010

Le 1er juin prochain, l’INM et ses nombreux partenaires de l’économie sociale et solidaire organisent le premier rendez-vous des entrepreneurs sociaux. Les acteurs incontournables de l’innovation sociale québécoise ont concocté un programme très alléchant.

Le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux, c’est en effet :

  • Des recettes de succès, tels que Communauto, les CPE ou l’Accorderie,
  • Des conférenciers prestigieux qui dévoilent comment avoir un impact social sur la société et être acteur du changement,
  • Des partages d’expériences, de conseils et de connaissances de centaines de participants.

Pour accéder au programme détaillé, c’est par ici. N’attendez plus : vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire sur le site de l’événement!

Et pour vous faire patienter jusqu’au mois de juin, voici une petite vidéo…

Le Rendez-vous des entrepreneurs sociaux from INM – Institut du Nouveau Monde on Vimeo.

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Le Chantier de l’économie sociale lance son bulletin économique

08/02/2010

Momentum-bulletin-economiqueCe début d’année 2010 est synonyme de nouveautés pour le Chantier de l’économie sociale. Après avoir relifté efficacement son site Internet, l’organisation de promotion de l’ESS québécoise a publié cette semaine son premier bulletin économique, baptisé Momentum. L’objectif de ce support est d’apporter un éclairage sur les réalités économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de l’ESS et de clarifier le rôle qu’elles jouent dans l’économie québécoise.

Au sommaire : un aperçu des tendances 2010 pour le troisième secteur québécois, la stabilité et la pérennité des entreprises de l’économie sociale ou encore une mise au point sur la thématique des subventions publiques dont bénéficient les acteurs de l’ESS québécoise.

Le principe de ce bulletin est vraiment intéressant puisqu’il permet de positionner l’économie sociale québécoise comme un acteur incontournable de la structure socioéconomique du Québec, au même titre que les secteurs privés et publics. Cependant, je m’interroge sur le registre de communication qui est utilisé dans cette publication. En effet, à la différence des bulletins économiques ‘classiques’, Momentum est, à mon sens, partial pour ne pas dire militant.

Il laisse entendre que les entreprises d’économie sociale sont la panacée en matière de gouvernance, de mode de fonctionnement ou encore d’efficacité économique et dépeint l’entreprise privée de manière un peu caricaturale (elle serait par exemple étrangère à la gestion transparente). Je me demande si ce mode de communication qui consiste à opposer structure de l’économie sociale et entreprise classique est efficace. Il aurait été tout aussi pertinent de se limiter à exposer objectivement les forces économiques, sociales et financières des acteurs de l’ESS plutôt que de brocarder au fil des pages le modèle de l’entreprise privée. Bref, pourquoi ne pas avoir opté uniquement pour une communication positive par la preuve ?

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L’Itinéraire en campagne

23/12/2009

logo-itineraireJe n’ai pas encore eu l’occasion (mais surtout le temps) de consacrer un billet à l’Itinéraire. Pourtant ce groupe d’économie sociale est sans doute l’un des plus actifs (et l’un des plus visibles) de Montréal. Sa mission est “d’accroître l’autonomie, le savoir et la créativité des personnes qui connaissent des difficultés liées à la marginalité et à l’itinérance”.

pub itineraireSon produit “phare” est le magazine l’Itinéraire, qui est un journal de rue – un peu comme Macadam, en France – dont l’objectif est de permettre aux SDF, toxicomanes et sans emploi de se réinsérer socialement (par la vente du magazine, mais également par la rédaction d’articles, du coaching et un accompagnement psychosocial). Le magazine papier a son pendant numérique avec le magDVD Le 3e Œil qui permet à des jeunes de la rue âgés entre 18 et 30 ans de se réinsérer par le multimédia. A cela vient s’ajouter le Café L’Itinéraire qui est considéré comme la porte d’entrée du Groupe. Les personnes en difficultés peuvent venir y manger à peu de frais (4$ pour un repas complet).

Si je parle de l’Itinéraire aujourd’hui c’est qu’il vient de lancer une campagne de publicité à l’occasion de ses 15 ans. Le Groupe a en effet fait appel à une prestigieuse agence de pub montréalaise (l’agence Bos) pour prendre la parole en télé, en presse et sur les murs de la métropole québécoise. Le résultat : des annonces simples, efficaces et positives signées “Faites un bout de chemin avec nous!“. Notons que si le Groupe a pu s’offrir cette campagne pluri-media c’est qu’il est particulièrement actif pour accroître sa capacité d’autofinancement (collecte de fonds, vente d’espaces publicitaires, produits dérivés, etc.).

Je vous laisse juger de la campagne télé :

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La santé en mode coopératif

02/11/2009

cooperative-de-santeSuite de la série consacrée à l’économie sociale québécoise avec un concept innovant : celui de la coopérative de santé. Phénomène marginal il y a encore quelques années, la coop de santé devient une réalité sociale au Québec. Ce modèle qui permet au citoyen d’accéder aux services de santé tout en lui donnant la possibilité de s’investir dans la gestion de ce centre sanitaire d’un genre nouveau est une des réponses à la dégradation du système de santé québécois.

Manque de généralistes, médecins de famille inaccessibles, longues heures d’attente (et de patience) pour se faire soigner… le système de santé québécois est grippé. Il manquerait 800 médecins de famille au Québec pour pouvoir répondre aux besoins de la population. Certaines zones rurales sont d’ailleurs devenues de véritables déserts médicaux. Face à cette situation critique, les citoyens ont, comme c’est souvent le cas dans la Belle Province, décidé de prendre les choses en main. C’est ainsi qu’une vingtaine de coopératives de santé a vu le jour un peu partout au Québec depuis 1996 et que quinze autres sont actuellement en phase de démarrage.

Le principe de la coopérative de santé est identique à celui des autres coop : elle appartient à ses membres (souvent de ‘simples’ citoyens), qui en ont acquis une part sociale et en assurent la gestion et l’administration. L’objectif pour les membres est de se doter d’un service de santé de proximité, mais la mission de la coop de santé va souvent au-delà. « Les coop offrent bien entendu des soins de première ligne, mais une grande partie d’entre elles proposent également des services de prévention à la santé » explique Benoît Caron, Directeur général de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ). Certaines coop offrent ainsi à leurs membres des ateliers de sensibilisation – à la nutrition ou au diabète, par exemple – et il n’est pas rare qu’ostéopathes, nutritionnistes, ou psychologues travaillent aux côtés des médecins généralistes. La coop devient ainsi « un carrefour de santé qui délivre de nombreux services curatifs et préventifs», indique Benoît Caron.

Patients responsables
Autre rôle positif assuré par la coop de santé : elle incite le citoyen-membre à devenir acteur de sa propre santé et de celle de sa communauté. Bref, elle responsabilise le patient… un argument qui séduit bon nombre de médecins qui préfèrent avoir affaire à un patient responsable plutôt qu’à un consommateur de soins. Enfin, selon le Directeur de la FCSDSQ, « les coopératives de santé contribuent à une meilleure répartition des médecins sur le territoire québécois, puisqu’elles les incitent à venir s’installer là où ils n’auraient pas été s’il n’y avait pas eu ce type d’infrastructures citoyennes ».

Encadré FCSDSQ copieA lire ces quelques lignes, on pourrait penser que la partie est gagnée pour la coopérative de santé et qu’elle pourrait rapidement devenir LA solution aux maux du système de santé québécois. Pourtant les défis restent nombreux pour ce modèle coopératif. Il lui faudra ainsi convaincre que le fait de payer une cotisation pour devenir membre ne remet pas en question le principe d’égalité d’accès aux soins. En d’autres termes, et comme l’impose la loi, que les soins de première ligne sont accessibles tant aux membres qu’aux non-membres de la coopérative de santé. Ce qui, a en croire quelques articles, n’est pas toujours le cas.

L’autre défi de taille pour les coopératives est d’attirer les médecins généralistes dans des zones rurales, ce qui là encore n’est pas évident. Enfin, comme toute entreprise, la coop de santé doit trouver des ressources financières et se doter d’un solide plan d’affaires pour assurer sa viabilité économique.

Pourtant, ces nombreux challenges ne semblent pas décourager les citoyens déterminés à mettre sur pieds des coop de santé pour leur communauté. Certains d’entre eux ont même décidé d’en développer en milieu urbain, à l’image des habitants du quartier montréalais de Villeray. Ces derniers travaillent depuis plus d’un an à la création d’une coopérative pour palier le manque de services de santé auquel sont confrontés les habitants du quartier : une première pour la métropole québécoise !


Pour ceux qui souhaitent écouter l’interview de M. Benoît Caron, Directeur général de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ), voici les mp3 sous forme de “3 Questions à” :

  • Qu’est ce qu’une coopérative de santé ?

  • En quoi une coop de santé est-elle une entreprise d’économie sociale ?

  • Quels sont les défis d’avenir pour les coop de santé ?


Et pour aller plus loin…

  • Accédez au portrait statistique des coopératives de santé réalisé par la FCSDSQ
  • Découvrez la coop de santé Villeray en accédant à son blog et à un article qui lui est dédié.

Coopératives, québec , ,

L’économie sociale et solidaire active sur le web et les réseaux sociaux

26/10/2009

ESS-Facebook-TwitterJ’ai déjà parlé sur Communication-solidaire de l’utilisation du Web et des réseaux sociaux par les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ici et ). Je reviens dessus aujourd’hui parce que les choses ont évolué positivement et rapidement en quelques mois.

En France, les sites internet à la sauce Web 2.0 se sont multipliés. L’Avise a ainsi refondé son espace web en intégrant fil RSS (il était temps !), newsletter plus claire et base de données des entreprises sociales et solidaires. La Caisse des Dépôts et l’Association des régions de France ont également lancé il y a quelques mois essenregion.org pour « présenter les politiques régionales de soutien à l’économie sociale et solidaire », « valoriser les dispositifs et les pratiques innovants » et « offrir un espace de mutualisation et d’échange ». Les régions françaises se sont elles-mêmes appropriées de manière efficace les outils web, à l’image de Rhône-Alpes qui a lancé un portail web collaboratif dédié à l’ESS locale (Rhône-AlpeSolidaires.org). Ce site a d’ailleurs fait des petits dans les départements avec Drôme-ArdècheSolidaires.org et AlpeSolidaires.org. Ces plateformes d’information régionale et locale se veulent participatives et s’appuient sur la publication d’informations par les acteurs eux-mêmes.

On ne peut que se réjouir de telles initiatives. L’étape suivante pour ces acteurs institutionnels serait d’intégrer les réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter afin de diffuser une information en temps réel à des internautes qui ne fréquentent pas forcément leurs “web vitrines”.

Mais contrairement à il y a quelques mois, l’ESS française n’est plus totalement absente des réseaux sociaux. Depuis longtemps, le site Ressources solidaires est très actif sur Facebook et Twitter. Ce n’est donc peut-être pas un hasard si Guillaume Chocteau (fondateur de Ressources solidaires) co-anime le Facebook et le Twitter du Mois de l’Economie sociale et solidaire avec Adrien Saumier, de l’Atelier (qui promeut l’ESS en Ile de France, et qui est lui aussi très actif sur le web). L’événement qui débutera le 1er novembre prochain bénéficie ainsi d’une promotion efficace grâce à son site web mais également grâce à une présence renforcée sur les réseaux sociaux et sur les sites de partage de vidéos (le clip du Mois de l’ESS a bénéficié d’un bon buzz sur la toile).

Au Québec
Et de l’autre côté de l’Atlantique, quelle est la tendance ? Ici au Québec, le Chantier de l’Economie sociale a une fois de plus quelques longueurs d’avance sur ses cousins français. En effet l’organisation qui promeut l’ESS québécoise a une stratégie web que l’on pourrait qualifier de stratégie 360°. Elle a bien entendu un site web institutionnel (qui devrait être rafraîchi dans les mois qui viennent). Elle a également développé un portail dédié aux actualités du secteur qui est alimenté par les acteurs de terrain eux-mêmes (economiesocialequebec.ca). Celui-ci connaît un franc succès avec ses 100 000 pages vues, et ses 40 000 visiteurs uniques par mois. Mais ce n’est pas tout ! Depuis le mois de juillet dernier, le Chantier propose achetersolidaire.com, catalogue des produits et services de l’économie sociale québécoise. Ces deux outils web – economiesocialequebec.ca et achetersolidaire.com – permettent au Chantier et aux acteurs de terrain d’avoir des discours complémentaires sur Internet : informatif et institutionnel d’un côté et commercial de l’autre. La boucle ne serait pas bouclée si l’organisation n’était pas présente sur les réseaux sociaux. Depuis quelques mois, le Chantier est en effet particulièrement actif sur Twitter et Facebook. Il diffuse en moyenne 4 à 5 actualités quotidiennes sur son profil Facebook qui a déjà 432 amis. Sur Twitter, le Chantier a twitté plus de 200 fois et a réussi à attirer 176 followers. Il est également présent sur la Communauté Novae (développée sur Ning), qui est très fréquentée ici, au Québec. Et les choses ne sont pas prêtes de s’arrêter : le Chantier souhaite en effet doubler la fréquentation du portail economiesocialequebec.ca et entend maintenir les efforts déployés sur les réseaux sociaux, qui sont pour lui un moyen de diversifier et d’augmenter l’audience de ses sites web.

Pour conclure sur le Chantier et avoir une idée plus précise de son activité online, je vous propose l’article suivant, publié dans le rapport d’activité de l’organisation.

Et pour terminer ce billet, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l’article de Sacha Declomesnil sur l’Economie sociale et le Web social (publié sur rezopointzero) qui explique en quoi les réseaux sociaux sont des outils de communication parfaitement adaptés aux besoins des acteurs de l’ESS.

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10 ans de partenariat entre chercheurs et acteurs de terrain de l’économie sociale québécoise

26/10/2009

Vendredi dernier avait lieu l’Assemblée générale annuelle du Chantier de l’économie sociale à laquelle j’ai eu la chance de participer. La matinée de l’AGA a été consacrée au partenariat que le Chantier a noué avec l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) et le Réseau québécois de recherche partenariale en économie sociale (RQRP-ÉS).

Les intervenants sont revenus sur les 10 années de cette collaboration hors du commun dont l’objectif est de développer des activités de recherche sur l’économie sociale, en partenariat avec les acteurs de terrain.

Je dois avouer que j’ai été vraiment surpris par les synergies qu’ont su construire chercheurs et praticiens de l’économie sociale. En effet, structurée autour de 5 thématiques (Développement local et régional ; Finance responsable ; Habitat communautaire ; Loisir et tourisme social ; Services aux personnes), les recherches réalisées par l’ARUC-ÉS / RQRP-ÉS alimentent les pratiques des acteurs de terrains et apportent un véritable crédit au tiers secteur québécois.

Pour en savoir plus, je vous invite à visionner le documentaire réalisé à l’occasion des 10 années du partenariat :

Reportage Chantier ARUC ES

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ACEM ou l’investissement éthique à la québécoise

10/09/2009

Logo-ACEMQuel est le point commun entre L’Autre Montréal, collectif d’animation urbaine et touristique, La Nésamarie, salon de beauté montréalais, et Interim-Santé, agence de placement dans le domaine de la santé ? Tous ont bénéficié d’un prêt et d’un accompagnement de la part d’ACEM, Association Communautaire d’Emprunt de Montréal. Depuis 20 ans, cette association octroie des crédits à des personnes à faible revenu ou à des organismes communautaires pour les aider à développer un projet entrepreneurial. L’objectif : lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

« ACEM a été créée à la fin des années 1980 pour offrir du capital de développement économique aux personnes pauvres et aux quartiers dévitalisés, explique Anne Kettenbeil, Directrice exécutive de l’association. A cette époque, chercheurs et animateurs communautaires menaient une réflexion collective pour trouver des solutions aux situations de précarité dans le quartier du Grand Plateau ».

Depuis, ACEM n’a pas chômé : elle a appuyé plus de 200 projets générateurs d’emplois ou de services locaux. Concrètement, cet appui prend la forme de microcrédits allant jusqu’à 20 000 $. « Mais le microcrédit ne représente qu’une partie de nos activités précise Anne Kettenbeil. Nous accordons également des prêts ‘ponts’ de 50 000 $ et proposons un suivi et un accompagnement personnalisés avant, pendant et après la mise en place des projets ».

Les initiatives soutenues par ACEM évoluent sur de nombreux secteurs d’activités (services, culture, environnement…) et sont en général mises sur pieds par des personnes davantage exposées à la précarité : femmes, jeunes ou encore personnes immigrantes. ACEM accorde également des prêts à des entreprises d’économie sociale ainsi qu’à des organismes communautaires. « Tous les projets appuyés par ACEM doivent avoir un impact social positif », résume Anne Kettenbeil.

Une source de crédits enracinée dans la communauté
L’originalité d’ACEM réside aussi dans la constitution de son capital. Ainsi, les fonds utilisés pour financer les prêts proviennent directement de « simples » citoyens soucieux de réaliser des investissements socialement responsables, de fondations, d’organismes religieux, ou encore de syndicats… Et c’est très certainement ce qui fait la force de l’association. « Les personnes auxquelles nous accordons des prêts savent que l’argent est issu de la communauté, explique la Directrice exécutive. Nous travaillons tous dans une logique de partenariat et de solidarité». D’ailleurs, les personnes soutenues par l’association financent indirectement d’autres projets : l’argent généré par le remboursement des emprunts des crédits est directement réinjecté dans d’autres initiatives. On comprend donc pourquoi le taux d’intérêt des prêts – qui est fixé à 10% – est ici appelé « taux de solidarité ».

Encadré RQCCEt la pérennité des initiatives appuyées par ACEM dans tout ça ? « Les entreprises financées par l’association ont un taux de survie important grâce à l’accompagnement que nous leur offrons, explique Anne Kettenbeil. Mais le développement d’une entreprise n’est qu’un moyen pour lutter contre l’exclusion, rappelle-t-elle. La création d’entreprise doit permettre d’acquérir de l’expérience, de développer des compétences et de renforcer l’estime de soi. Si quelqu’un décide d’abandonner son entreprise pour regagner le marché du travail en tant que salarié, pour nous, cela reste un succès ». Des propos à contre-courant ? Peut-être… mais ils traduisent surtout un positionnement qui a su démontrer toute sa pertinence au fil des années : depuis sa création, ACEM a accordé plus de 2 millions de dollars de prêts, créant et maintenant ainsi plus de 700 emplois.


Pour en savoir plus sur ACEM, rendez-vous sur son site web et visionnez l’interview d’Anne Kettenbeil :

Regardez également le reportage sur l’association diffusé sur CBC :

Screen-Shot-CBC

Pour plus d’informations sur le crédit communautaire :

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