Archive

Articles taggués ‘insertion par l’activité économique’

Quand insertion sociale rime avec développement durable et nouvelles technologies

07/08/2009

Logo Insertech AngusCombiner développement durable, insertion sociale et accès pour tous aux nouvelles technologies : une mission impossible ? Pas pour Insertech Angus ! Depuis 11 ans cette entreprise d’insertion recycle, répare et assemble des ordinateurs qu’elle revend à bas coût à des écoles, des organismes communautaires, ou à des personnes à faibles revenus… le tout en proposant à des jeunes de 18 à 35 ans un parcours d’insertion qui leur permet d’acquérir de solides compétences dans le domaine des TIC. Portrait de cet acteur incontournable de l’économie sociale montréalaise qui a su adapter ses activités au marché et à ses jeunes salariés.

Répondre aux besoins spécifiques de son territoire et de sa communauté, c’est ce que fait Insertech Angus depuis maintenant 11 ans. « L’entreprise d’insertion a été créée en réponse à un taux de chômage élevé et à une faible scolarisation des jeunes de Rosemont-Petite Patrie, quartier de l’Est de Montréal » explique avec passion Agnès Beaulieu, directrice générale de l’entreprise. « A l’époque, la fondation de l’entreprise s’inscrivait également dans un projet collectif de développement et de relance économique du site Angus » poursuit celle qui s’est battue pour qu’Insertech Angus voie le jour.

Le résultat ? La mise sur pieds d’une entreprise d’insertion qui s’est fixée trois missions, et non des moindres. La première consiste à former et préparer à l’emploi des jeunes adultes en difficultés. La seconde est d’ordre environnemental : Insertech Angus entend favoriser le réemploi et le recyclage du matériel informatique. La troisième concerne l’accès aux nouvelles technologies pour les familles et les organismes à faible budget.

Plus de photos sur Flickr!

Pour accomplir sa mission d’insertion, Insertech Angus propose à des adultes de 18 à 35 ans une activité salariée d’une durée de 6 mois. Pendant cette période, les jeunes bénéficient d’une formation sur quatre métiers en lien avec l’informatique : le travail de bureau (réception, bureautique, accueil…), l’assemblage et la réparation de PC et autres imprimantes, la gestion des stocks et enfin la vente de matériel informatique. L’objectif est de leur permettre d’apprendre un métier en contexte réel et d’acquérir des compétences immédiatement mobilisables dans la vie professionnelle.
L’informatique n’a pas été choisie par hasard. C’est en effet un domaine qui correspond au profil d’un certain nombre de demandeurs d’emploi de l’Est de Montréal, à savoir des jeunes qui ont connu des échecs scolaires mais qui s’intéressent de près aux nouvelles technologies et sont souvent branchés jeux-vidéos. «Avec l’informatique, nous voulions sortir de la logique ‘d’économie du pauvre’ associée à tort aux entreprises d’insertion, souligne Agnès Beaulieu. Nous avons choisi une activité qui permet aux jeunes d’être fiers de ce qu’ils accomplissent et leur donne l’opportunité d’être reconnus voire admirés par leur communauté ». La formation in situ est complétée par des cours d’alphabétisation numérique, une aide psychosociale, un accompagnement à la recherche d’emploi et à l’orientation scolaire et par une formation à la citoyenneté. Une équation qui est synonyme de succès : plus de 85% des personnes qui ont suivi le programme d’insertion développé par Insertech Angus retrouvent un emploi ou reprennent des études. Et la majorité d’entre elles en ressort plus autonome et confiante.

Lutter contre la fracture numérique

Mais l’impact social de l’entreprise ne s’arrête pas là. En effet, Insertech Angus favorise le recyclage et le réemploi du matériel informatique à Montréal. Elle a d’ailleurs été récompensée très récemment pour ses efforts en matière de développement durable en recevant un Phénix de l’environnement. Chaque année, ce sont 5000 à 6000 ordinateurs reconditionnés, réparés ou optimisés qui passent entre les mains des jeunes salariés de l’entreprise. Les appareils sont ensuite destinés aux écoliers, aux personnes à faibles revenus ou à des entreprises d’économie sociale qui peuvent ainsi accéder aux nouvelles technologies à bas coût. Depuis sa création, Insertech Angus a permis de lutter efficacement contre la fracture numérique en remettant à neuf plus de 50 000 machines.

L’entreprise d’insertion ne pourrait pas accomplir ses trois missions avec tant de brio si elle ne s’était pas adaptée aux réalités du marché. En effet, depuis sa création, Insertech Angus a su diversifier ses activités. Elle a ainsi débuté avec l’assemblage de vieux ordinateurs récupérés, pour lancer par la suite sa propre marque d’ordinateurs neufs en 2002. Elle a ensuite complété sa gamme par de l’usagé haut de gamme, et a parfait sa palette d’activités avec la consultation, la formation des usagers et les services techniques. Cette diversification a non seulement permis à l’entreprise de maintenir ses bons résultats mais a également fait découvrir aux jeunes en insertion de nouvelles orientations professionnelles (comme la vente, le service à la clientèle…). Agnès Beaulieu l’affirme d’ailleurs haut et fort : « Nous prenons le virage des services et nous voulons impliquer les jeunes dans ces activités qui favorisent l’insertion professionnelle. Par ailleurs, l’activité ‘services’ est très valorisante pour nos salariés qui se retrouvent en contact avec une clientèle qui reconnaît leur professionnalisme ».

Encadré CEIQS’il fallait un dernier exemple pour vanter l’efficacité et l’utilité sociale d’Insertech Angus ce serait très certainement son implication à l’étranger. L’entreprise d’insertion accompagne des partenaires argentins, haïtiens et guatémaltèques pour les aider à mettre en place des ateliers d’insertion spécialisés dans les TIC. Grâce à de multiples échanges, des programmes de mentorat et de jumelage avec Insertech Angus, l’Argentine s’est d’ores et déjà dotée de quatre ateliers d’insertion. Avec un partenaire tel que l’entreprise montréalaise, nul doute que le Guatemala et Haïti sauront suivre le même chemin !

Découvrez Insertech Angus en photos et continuez à me faire part de vos initiatives à communication.solidaire@gmail.com.

Pour en savoir plus sur l’insertion socio-professionnelle au Québec, rendez-vous sur le site du Collectif des entreprises d’insertion du Québec.

Et enfin… un entretien vidéo d’Agnès Beaulieu :

  • Share/Save/Bookmark

Actions solidaires, québec , ,

Sondage OpinionWay/Avise : l’insertion par l’activité économique confrontée à son manque de notoriété

06/05/2009

Microsoft Word - 02 - IAE - Presentation gale.docJe dois avouer qu’en découvrant les résultats d’un sondage* commandé par l’Avise à Opinion Way sur la notoriété de l’Insertion par l’activité économique (IAE), j’ai failli tomber de ma chaise. Cette étude, dévoilée lors des Assises des CDIAE, révèle en effet que pas moins de “60% des Français auraient déjà entendu parler de structures d’insertion par l’activité économique “ …

Etant chargé de communication d’une fédération de l’IAE, ces chiffres m’apparaissent comme étant quelque peu fantaisistes. Si l’IAE souffre d’un mal c’est bien celui d’un manque chronique de notoriété. J’en veux pour preuve le niveau de connaissance – plus que faible – des journalistes de la presse généraliste quant à ce secteur… journalistes qui sont censés être, peu ou prou, représentatifs de l’opinion publique et qui, même en ces temps de crise, ont du mal à se passionner pour l’insertion. Les témoignages quotidiens des entreprises de l’IAE permettent également d’infirmer les résultats du sondage. Chaque jour, ces entreprises se frottent à l’ignorance des décideurs et du grand-public.

Je ne vois franchement pas l’intérêt de diffuser ce genre de données. Pour rassurer le secteur ?! L’insertion par l’activité économique et ses acteurs n’en ont nul besoin. Au contraire, ils devraient davantage être confrontés à leur manque de notoriété pour prendre conscience de leurs difficultés à communiquer et mieux les dépasser…

Heureusement, le volet qualitatif de l’enquête qui s’appuie sur des entretiens avec des entrepreneurs recourant à l’IAE, est riche de quelques enseignements. Ils auraient pu être davantage exploités lors des Assises des CDIAE.

L’enquête révèle ainsi un contraste entre la perception des entreprises de l’IAE avant et après le partenariat engagé avec les entreprises “classiques”. En amont, les gérants de PME ont une “vision partielle du secteur, qui paraît flou, complexe et peu fiable”. Mais une fois le partenariat engagé, “cette image mue vers des attributs beaucoup plus positifs : compétence, adaptabilité, responsabilité sociale de l’entreprise”. Un dirigeant de PME tente d’expliquer cet état de fait par le manque de communication des acteurs : “Ils ne communiquent pas suffisamment, et surtout pas suffisamment bien. Je suis persuadé qu’ils toucheraient bien plus d’entreprises en communiquant efficacement ”.

L’une des solutions pour aller à l’encontre des idées reçues et maximiser la notoriété des acteurs de l’IAE serait donc le « plus communiquer » ou plutôt le « mieux communiquer ». On ne peut être que d’accord avec le diagnostic… Pour poursuivre la discussion, voici quelques – modestes – pistes de réflexion qui permettraient peut-être au secteur de se (mieux) faire connaître et comprendre.

Aux têtes de réseaux, la valorisation du secteur
Pour augmenter la notoriété de l’insertion par l’activité économique, les fédérations et autres têtes de réseaux devraient entreprendre, au niveau national, des actions de communication faisant la pédagogie du secteur : déjeuners presse thématiques, organisation de conférences débats ouvertes au grand public (à l’image des AlterMardis du Groupe SOS)… Le CNIAE devrait d’ailleurs être moteur de ce type d’événements.

Favoriser les actions collectives en inter-réseaux
L’une des – regrettables – spécificités de l’IAE est la multiplicité de ses têtes de réseaux. Pas moins de huit voire neuf fédérations (ou réseaux) défendent les intérêts d’acteurs de l’IAE, et disent plus ou moins la même chose… mais différemment. Le secteur gagnerait en visibilité (et surtout en crédibilité) si les têtes de réseaux multipliaient les actions de communication concertées et unifiées. Pourquoi ne pas créer une semaine nationale de l’IAE qui permettrait de sensibiliser les médias et le grand-public (le micro-crédit et le commerce équitable ont bien leur semaine et quinzaine respectives…) ? Le mois de l’économie sociale et solidaire doit également être une fenêtre de tir pour entreprendre des actions de communication collectives et réaffirmer haut et fort une appartenance au secteur de l’ESS à côté d’autres acteurs du secteur.

Communiquer par la preuve
Les acteurs de l’IAE éprouvent des difficultés à disposer de solides données chiffrées et, partant, de communiquer sur leurs poids économiques. Des initiatives comme l’observatoire des entreprises d’insertion mis en place par le CNEI devraient être encouragées et multipliées. Les réseaux de l’IAE devraient également pouvoir diffuser des chiffres valorisant l’impact social des acteurs du secteur. Jusqu’à présent, seules des études régionales ont été menées et les chiffres traduisant le retour sur investissement qu’offrent les entreprises de l’IAE à leurs financeurs font défaut.
Il est également incontournable de valoriser les actions locales des entrepreneurs de l’insertion par l’activité économique. A eux de faire connaître à la presse locale leurs initiatives souvent originales et aux têtes de réseaux de les communiquer auprès des médias nationaux pour illustrer très concrètement les innovations du secteur.

S’appuyer sur des porte-paroles charismatiques
Enfin, et cette problématique est inhérente à l’ensemble de l’ESS, l’IAE devrait pouvoir s’appuyer sur des représentants emblématiques – de préférences médiatiques – qui seraient les porte-paroles du secteur.

Voila pour les premières pistes de réflexion, qui j’en ai bien conscience, ne sont qu’embryonnaires. Je tâcherai de les enrichir au fil du temps (et au fil de mes expériences).

N’hésitez pas à me faire part de vos idées et commentaires !

 

* L’échantillon, représentatif de la population française, est composé de 995 personnes. Les personnes interrogées sont issues de Newpanel, le panel en ligne représentatif d’OpinionWay. L’échantillon, interrogé entre le 8 et le 9 avril 2009, a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de secteur d’activité.

 
Plus d’informations : Télécharger le dossier de presse des Assises des CDIAE.

  • Share/Save/Bookmark

Conseils pratiques, Humeurs, Sondages , , ,

Insertion : l’union fait la médiatisation !

07/01/2009

Une belle réussite en matière de relations presse repérée le 24 décembre dernier dans Libération. Quasiment toutes les fédérations de l’insertion par l’activité économique (IAE) se sont réunies pour signer une tribune d’opinion intitulée “L’économie au service de l’Homme“. Elles ont ainsi réussi à convaincre Libé de publier leur point de vue dans le numéro spécial consacré aux actions innovantes en réponse à la crise financière.

C’est une gageure à plusieurs titres. D’abord, il faut savoir que dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, les réseaux et autres fédérations qui défendent pourtant des intérêts communs ont beaucoup de mal à s’entendre et a fortiori à communiquer d’une seule et unique voix. Ensuite parce que l’IAE est totalement inconnue du grand public et intéresse peu les journalistes (j’y reviendrai dans un futur billet). C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que les signataires de la tribune ont fait appel à Claude Alphandéry, perçu comme une “icône” de l’ESS par la presse, pour être leur porte-parole. Enfin, parce que ces fédérations sont parvenues à être suffisamment claires pour diffuser un message intelligible et présenter ainsi l’insertion par l’activité économique de manière tout à fait compréhensible.

Cet effort méritait d’être signalé puisqu’il est synonyme d’efficacité. Une démarche à encourager et à réitérer!

  • Share/Save/Bookmark

Relations presse , ,